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mercredi 27 avril 2016

Ventoux Classic 2016

Une semaine après le SRC dans l’enceinte du circuit Paul Ricard, c'est dans le cadre beaucoup plus champêtre de la source du Grozeau à Malaucène que s'établissait le paddock de cette 7ème montée.  
Le murmure de l'eau a laissé place aux grondements et hurlements des quatre temps, aux miaulements des deux temps ainsi qu'aux effluves de mélange d'un autre siècle. 
Deux bonnes centaines d'inscrits pour s'élancer sur les 2600 m de montée, que ce soit le couteau entre les dents ou pour le simple plaisir de profiter (et faire profiter) d'une moto qui, quoi qu'il en soit, est forcément exceptionnelle.
De la moto d'exception, il n'en manquait pas, comme toujours. Au delà de la qualité du plateau, c'est la variété des genres et d'époque de celui-ci qui vaut le détour, s'étalant sur une période d'une soixantaine d'année.
té concurrents, est-ce la formule, le site, ou simplement un état d'esprit, la disponibilité et le partage sont de mise. Assez curieusement, c'est au moment de l'installation en "pré grille" que le dialogue se noue le plus facilement.
Comment ne pas remercier Yves Azam qui entretient et fait rouler une Saroléa 500 de 1932. Il fait partie de ces passionnés qui estiment que ce patrimoine mécanique doit être montré en situation et pas simplement cantonné au silence d'un musée.
Je repère une Bultaco 250 "Metralla". J'avais souvenir de cette moto dans les pages d'un vieux Moto Revue, feuilleté avec des copains du lycée. C'est la première fois que j'en vois une. Son pilote, Alain Cacchioli, un Helvète underground, en dresse un passionnant et humoristique historique en quelques minutes. C'est en réalité un 350. Un proto réalisé en deux exemplaires, un qui fut détruit et celui-ci qui atterrit dans sa famille. Son père, ami de Paco Bulto récupéra cette moto avec promesse d'en prendre soin. Malgré un long séjour dans une grange elle a retrouvé l'éclat de sa jeunesse et Alain s'en régale, et les spectateurs avec lui, sur ce genre d'évènements.
Les plus belles mécaniques, peuvent encore être magnifiées. Témoin le 1000 CBX d'André Bernard. Le Honda 6 est un moteur superbe. Croyez moi bien, que je dise du bien de Honda ne peut être que sincère. Dans l'idée de son concepteur qui en fait une machine minimaliste, cette mécanique mise en valeur par la simplicité et la finesse de la carrosserie est tout bonnement sublime. Cerise sur le gâteau, les six mégaphones noirs et le tambour ventilé avant, rappel des 500/6 de Grand Prix. Comme il l'avoue lui même, le tambour ce n'est pas forcément l'idéal pour stopper l'engin, mais l'esprit vaut bien cette concession.
Pour ce qui est de la rareté, difficile de faire mieux que la Griffiths Sunbeam Porsche, (ouf!) modèle unique que seul un cerveau britannique pouvait imaginer et concevoir. Loger un 1300 cc Porsche issu d'une 356 série A dans une partie cycle de Sunbeam S8, c'est le pari réussi de Gordon Griffth dans les années 70. Découvrir l'existence de cette bécane en ce lieu, quel meilleur symbole de la qualité de cette manifestation.
Merci à l'association MC2A et tous les bénévoles qui oeuvrent à la réussite de cette journée et à tous ceux qui donnent à voir, et entendre, l'objet de leur passion. 

 

mardi 19 avril 2016

Sunday Ride Classic 2016

Le SRC fait partie de ces évènements qui permettent quelques heures durant de se faufiler dans une faille spatio-temporelle. Certains revivent là des moments forts de leur jeunesse. D'autres, appréhendent ce qu'était la moto de compétition des années 70/80, à travers notamment, de sons et d'odeurs disparus.
"Times they are a changing..." Ces paroles de Dylan me reviennent (encore) à l'esprit aux portes du circuit. Le nombre de voitures franchissant le péage est impressionnant. Un sacré contraste avec cette époque qui revit le temps d'un week-end. Cela se traduit par la mixité du public aujourd'hui. Les poussettes ne sont pas rares dans l'enceinte du circuit, sans compter des groupes où se côtoient trois générations. On est loin de la horde de cuirs noirs aux tignasses approximatives de jadis.
Je te rassure, ami lecteur, j'y ai aussi vu des motos. Le gros des exposants est passé cette année en extérieur de la piste. J'y ai constaté l'ancrage de plus en plus marqué de Moto Guzzi dans la tendance "Garage" avec la scénographie qui va bien. Aperçu Albin Carrière dans le stand Café Racer, qui le matin comme en fin de journée semblait un poil s'ennuyer. Amusé des commentaires de jeunots tous sliders au vent à propos du train avant de la Bimota Tesi.
C'est une fois dans le paddock et dans les boxes particulièrement, que le temps s'inverse. La palette des choix techniques s'étale sous les yeux des visiteurs qui peuvent librement circuler dans ce musée vivant. Deux temps, quatre temps, mono, multi-cylindres, châssis, tout cela contraste avec la quasi uniformité des plateaux contemporains. En matière de machines de Grand Prix, Yam' se taille la part du lion. Alors que l'an passé les Suzuki, Kawa et Honda diversifiaient le plateau. 
Côté humain, après le feu d'artifice de 2015, grille réduite pour cette édition. Ago et Rigal, dont le poil blanc est l'unique point commun avec le poireau, en  grande discussion, J.F. Baldé toujours souriant seront mes seules rencontres de cette édition... Ago qui retrouvait là sa machine des 200 miles de Daytona 1974! La jeune classe, représentée par Zarco et Baz, venus saluer leurs aînés, alla même jusqu'à rendre un bel hommage au Continental Circus, Johann prenant le guidon d'une Suzuki RG pour quelques tours de piste. Première manche de la saison en ICGP et carton plein pour Guy Bertin qui remporte les deux courses et la catégorie 350. Mention spéciale à Bernard Fau, deux fois cinquième en 3 1/2, entre séances de mécanique et de dédicace de son film "Il était une fois le Continental Circus".
Bel étalage du génie mécanique français, avec quelques spécimens dézépoques, particulièrement en matière de partie cycle. Sans parler, ou plutôt si, de l'extraordinaire 6 cylindres TL 306 du sorcier Guy Coulon, véritable Géo Trouvetou de la moto de vitesse, reconnaissable entre tous dans le garage.
Circuler dans le paddock de ce style de manifestation est toujours source d'étonnement. La passion déborde de toute part, quels que soient les moyens à disposition. Des rois de la bricole du side car, à la maniaquerie de certains détails sur des machines uniques pour d'autres, tout y passe. 
De bien belles belles journées comme on aimerait en voir plus souvent!

lundi 5 octobre 2015

Journée américaine Le Thor

L'automne est bien là. Une brume tenace et humide nous accompagne au long de la route qui nous mène vers Le Thor.
Depuis les débuts en 2009, l’événement s'est étendu et tout le village est investi par les mécaniques de l'oncle Sam et leurs fans. La parade des véhicules, véritable coup d'envoi de la journée, fait la part belle à l'Amérique. Il fallait un peu s'y attendre. Un oncle Sam à l'esprit large néanmoins. Au milieu de rutilantes "grosses Harley avec les chromes" ou de Ford Mustang à 35 smic, évoluaient entre autres, pour la plus grande joie de leurs propriétaires, quelques 125 jap', une deuche porte Vespa, une 203 flammée et même, c'est à peine si j'ose le dire, un scotère Yamaha quelque chose Max. Mais avec un motocollant Easy Rider. L'honneur est sauf.
La fureur mécanique passée, on déambule dans les rues du centre ville profitant des quatre scènes disséminées ça et là, sur lesquelles se succèdent sans discontinuer des groupes aux styles variés. Pas trop quand même. Le rock n'est jamais loin.  Amis de Pascal Obistro ou Florent Brunel passez votre chemin. Les choses étant bien faites, les comptoirs pour le boire et le manger en nombre et habilement répartis, permettent de remplir les estomacs, les gosiers et les oreilles simultanément. 
D'une scène à l'autre, on rencontre stands et tribus en tous genres et surtout motos, voitures et camions. Comme d'habitude, on peut constater que tous les goûts sont dans la nature. Quoi que l'écologie ne soit pas le maître mot de ce genre de sauterie. 
Curieuse impression en retrouvant celle qui fut ma première "grosse" cylindrée, un 500 Yam XS, métamorphosée en un curieux engin Vintage, à des années lumière de l'esprit avant-gardiste de celle-ci à l'époque. (Freins à disques, roues en alliage, double act, 8 soupapes...)
Plus d'actualité, on pouvait profiter d'une VW garantie sans logiciel truqueur, sans moteur diesel non plus. La Karmann Ghia, une ligne superbe!
Très sympas également un duo de Shovel rigides sans rien de spectaculaire mais représentatifs de l'esprit "deux roues, un cadre, un moteur".
Petite minorité de Cafés Racers plutôt réussis. Une très chouette 4 pattes "Vince Racer" et une 450 CB coursifiée, dotée d'un cadre périmétrique artisanal de très belle facture.
Mon penchant naturel pour le Sportster m'a particulièrement attiré vers un Iron au traitement "racing" bien vu qui allie customisation et efficacité. 
Mention spéciale aux héros de la libération qui ont poussé le souci du détail jusqu'à venir avec un vrai blessé, en état de lever le coude néanmoins.
Tout ceci digéré, retour à la maison. Finalement, le trajet est toujours le meilleur de ces journées. Ce moment où on profite de notre machine, de la route et de l'espace qui s'offre à nous.


mercredi 16 septembre 2015

Royal Cambouis



Avec un nom pareil, j'aurais du me méfier. Et surveiller mes arrières. Pour une fois que je portais un futal plutôt clair, les contorsions et le recul entre deux bécanes m'ont valu un contact bien marquant avec la chaîne abondamment graissée d'un Shovel. Marqué, presque, dans ma chair par la mécanique. 
La première de ce rassemblement en la riante cité balnéaire de Sausset les Pins a pris des allures de Wheels & Waves méditerranéen. Le souffle ininterrompu d'un vent d'une bonne force 7 est venu ajouter les vagues aux roues, faisant au moins la joie de quelques véliplanchistes. Un peu moins celle des machines rapidement couvertes d'une pellicule humide chargée de sel. La journée a donc commencé par une lutte contre ce maudit vent pour rejoindre la Côte Bleue en compagnie de Longstroke et son fidèle Black Pearl.
Sur place nous avons arpenté le front de mer, réservé au meeting, entre choppers, bobbers, hot rod, café racers et divers stands à la tendance vintage certaine. Du, goût, du bon, du moins bon, de l'incohérent, du mauvais, tout ce qui caractérise ce genre de réunion. Mais chacun le sien...
Un moment assez sympa, dans l'air du temps, mais je ne boude pas mon plaisir. Les relents et impressions de mécaniques du siècle passé, sous le signe des carbus c'est ce que j'aime. Alors, que cette première ait une suite dans la région et fasse naître d'autres initiatives du même tonneau.

mercredi 3 juin 2015

Coupes Moto Légende

Les Coupes Moto Légende, un fabuleux melting pot motocycliste. Des pas toutes jeunes, des vieilles, des très vieilles, des hors d'âge. Des belles, des étranges, des bizarres, des moches, aucune qui ne laisse indifférent. Des participants au diapason, surtout ceux qui roulent en Yam', des machines vues durant ce week-end...
Cela commence sur le parking moto. Parmi la horde métallique se glissent quelques bijoux en une sorte de festival "off". 
Si vous n'êtes pas des fanatiques de la file d'attente, prenez votre ticket à l'avance. Ca vous changera des transports en commun aux heures de pointe.
On peut alors déambuler dans l'enceinte du circuit. Bourse, clubs, paddock, stands, il y a le choix. Pas dans la date hélas. 
La bourse, c'est l'endroit rêvé pour trouver enfin cet écrou carré d'axe de sélecteur qui permettra de donner vie à la Vélopette qui attend patiemment son heure au fond du garage. Dans le pire des cas, un tee shirt roots permettra de ne point revenir les mains vides.
Le paddock avec ses airs de tour de Babel est le lieu de toutes les découvertes et surprises. Du mono au six cylindres, du 50 au 1300 (ou plus?) deux temps, quatre temps, tout est là. De fabuleux racer, de modestes utilitaires. Des Vincent en veux tu en voilà. Des engins farfelus, parfaitement inutiles, donc indispensables qu'ils soient ceux de Lilliput ou Gulliver. Les Anglais sont les inventeurs de l'humour. Ils nous en administrent une nouvelle preuve avec la Speed Demon et son pilote George Shuttleworth aka Graeme Hardy. Des raretés, des marques jusqu'alors ignorées, des aperçues à de rares occasions qui surgissent soudain derrière une caravane. Mille et une raisons de s'émerveiller à chaque instant. 
Surtout, l'émotion d'entendre ces moteurs prendre vie et s'élancer pour quelques tours de piste. Du miaulement lancinant des tasses au martèlement sourd des gromonos de Grand Prix, c'est une palette sonore sans pareille qui envoûte les spectateurs; émotion des sons de nos premiers GP, découverte de sensations inconnues pour les plus jeunes. 
Et bien entendu, le lien qui fédère tous ceux présents ici, toutes générations confondues, la Passion, moteur des vies intenses. 
Un rendez-vous à connaître absolument qui fut surtout chargé de l'émotion des retrouvailles avec mes amis Fabienne et Salvatore, la rencontre de Stéphane et du petit Lysandre, sacré petit bonhomme et les moments trop brefs passés avec Isabelle et Martial. 
Merci à tous.



mardi 5 mai 2015

Céven'Oil Trophy

Le programme était tentant. Un montée réservée aux motos "dézépoques" et aux Cafés Racers de tous poils. Voilà un bon prétexte pour dégourdir les bielles du Sports'. Point de bonne journée sans bonne compagnie; mon pote Michel emmène son Scrambler Ducati histoire de profiter du joli tronçon entre Ganges et le départ de la côte. En route donc pour St Maurice Navacelles et le premier Céven'Oil Trophy. En vrai, c'est de Madières que s'élancent les bécanes pour rejoindre St Maurice sur le plateau qui abrite le fameux cirque. Une belle grimpette d'environ six bornes: une première partie en courbes rapides qui longent le cours de la Vis (lequel n'est pas sans fin) suivie d'une succession de lacets pour atteindre l’arrivée.
Je le dis tout de suite: les absents ont eu tort. Objectivement, ce tracé est un véritable régal par son profil, sa longueur et son environnement, de la fraîcheur verdoyante des bords de la rivière à l'aridité calcaire du plateau. Participation restreinte donc. Effet combiné de la proximité de la Ventoux Classic la semaine précédente, d'une publicité discrète ou  le syndrome de la première édition? Peu importe. En tout cas, ce fut l'occasion de se régaler de quelques machines rares et d'autres aux aspects plutôt exotiques.
A commencer par une Yam 1100 XS, rasant le bitume et dopé au NOS. Typiquement le genre de machine qui aux yeux de certains ne sert à rien. Typiquement le genre de machine qui sert à donner du plaisir à son géniteur au moment de la conception, (comme les gosses mais avec les emmerdes en moins...) puis lors de l'ouverture des gaz. J'ouvre ici une parenthèse. J'ai plus de mal avec les gaz. Quand j'entends, ou lis, "moto qui ne sert à rien" "moto pas pratique", je rétorque, "c'est celui qui le dit qui l'est". Quant à un engin pratique pour se déplacer, j'en connais un. La voiture. Fermeture de parenthèse. De surcroît, pour avoir vu évoluer l'engin, je garantis que celui qui maîtrise son pilotage sera aussi un virtuose du déménagement d'armoire normande dans n'importe quelle cage d'escalier. Alors? On la ramène moins.
Pour rester dans le plaisir, de la moto encore avec un rare gromono CCM générateur de coup de pied au cul et de grosses vibrations. Un truc que seuls les British savent faire. 100% plaisir; 0% concession.
A ses côtés, et très stylée, une superbe Metisse à moteur 450 Honda double arbre. Stylée et (très) légèrement chiffonnée suite à une figure matinale. Comme quoi, on peut posséder une rareté et ne pas la laisser vivre sous cloche. 
Je termine avec un duo de Ducati Scrambler, 250 et 350, dans un superbe état. De la moto à l'état pur. Leurs proprios respectifs, des passionnés de l'histoire de la marque, ont tenu à ce que Michel pose son "remake" aux côtés des grandes soeurs, pour une photo de famille. A y regarder de près, le jonc de selle est ce qui rattache le plus la moderne et l'ancienne. Mettez donc Bill Haley et BB Brunes côte, côte. Ca vous donnera une idée. 
Une belle première donc. Qui j'espère en appellera une autre. Histoire de rouler sur un tracé vraiment sympa. Avec du gros gaz ou juste l'envie de ne rencontrer personne en face. 


mardi 7 avril 2015

Sunday Ride Classic 2015

Sitôt franchies les portes des boxes, la machine à remonter le temps se met en marche. Elles sont là, alignées, plus belles qu'aux temps de leurs exploits, chouchoutées, rutilantes, prêtes à emmener leurs pilotes vers les plus belles trajectoires. Un garage incroyable qui regroupe les plus fameuses motos de Grand Prix et d'Endurance des années 70. Le temps est passé sans prise sur elles. Eux aussi sont là. Ceux qui ont écrit parmi les plus belles pages du Continental Circus et de l'Endurance: Ago, Baker, Baldé, Ballington, Bertin, Cecotto, Coudray, Coulon, Fau, Genoud, Jacque, Michel,Moineau, Monneret, Plisson, Read, Rigal, Sarron, Spencer. Au total, 42 titres de Champions du Monde, un nombre incalculable de victoires et tout autant, et plus, d'exploits qui restent gravés dans les esprits. Ils ont plus changé que leurs motos, en apparence, car l'esprit lui est intact. Cuir sur le dos, casque enfilé, dès que le craquement des deux temps résonne, amplifié par le béton, ils redeviennent ce qu'ils sont par essence: des Pilotes! 
Mon pote Michel ne boude pas son plaisir de serrer la main de "Fast" Freddie Spencer, (A moins que ce ne soit l'inverse...) et de Jean François Baldé. Aussi disponibles et chaleureux l'un que l'autre. Et puis, on rentre dans le stand Yamaha. Je le reconnais immédiatement. Debout, seul, derrière la 500 qu'il va mener sur la piste du Ricard. Les cheveux ont blanchi et raccourci, petite moustache, lunettes de vue, comme à l'époque. Steve Baker, #32, l'idole de mes vingt ans, celui dont je portais le cuir Furygan réplica. Je n'ose pas, Michel me "pousse". Alors, quelques minutes durant, mon Anglais sera presque parfait pour évoquer la découverte en 76 sur ce même circuit, la victoire du Moto Journal 200 l'année suivante et l'admiration qu'il suscitait chez moi. Egal à lui même, discret, modeste, je pense qu'il est aussi touché que moi par ces mots échangés. Merci Steve! 
Sur le pit lane, aux miaulements des quatre cylindres 2T, se mêle soudain le grondement du twin Metisse d'Alain Michel. Le son, l'odeur, les couleurs, tous les sens sont en éveil pour capter et mémoriser des moments si rares. 
Tous les coins du paddock permettent d'admirer un éventail de machines compétition client, de préparations très personnelles de raretés sublimes. 
Passage dans le stand n°3 pour une visite au Team Moto Bel' qui roule en European Classic Series. (Endurance) Accueil toujours aussi chaleureux de Nicole et Jacques. Les essais ont été plutôt favorables pour le twin Guzzi, 4 ème temps, face à l'armada des quatre cylindres nippons, malgré un sérieux handicap de vitesse dans la ligne droite du Mistral. Laurent qui partage le guidon avec Moustik est lucide. "Si on roule propre et régulier et que l'on passe à travers les soucis, on peut faire un résultat." Hélas, alors que le podium leur semble promis, le phare dépose le bilan lors du dernier relais. Un arrêt qui se prolonge et la N° 3 passe le drapeau à damier en dixième position. 
Une journée de motos, une journée de potes, une journée de retrouvailles. Pourvu que ça dure!

dimanche 22 mars 2015

Avignon Motor Festival 2015

L'AMF est devenu en quelques années le rendez-vous phare des amateurs de mécaniques du sud-est. Sa formule originale, trans genres et trans générationnelle, réunit en un même lieu à peu près tout ce qui est mû par une mécanique, généralement à explosion, sans restriction d'âge. Bref, un lieu où toutes les passions mécaniques s'expriment. 
Avant même de pénétrer dans l'enceinte du parc des expositions d'Avignon, le ton est donné. Dans le grand ralentissement routier annonciateur de l’événement, nous voilà transportés, remontant la file de véhicules, tantôt sur le parvis du casino de Monte-Carlo, tantôt sur sur un morceau de Nationale des 60's ou 70's, voire même sur un bout d'Interstate californienne de la même époque. Au grand étonnement de ceux qui, plus prosaïquement, prennent le chemin des zones commerciales environnantes.
J'évacue sans attendre les frustrations du jour. L'étendue du salon, en ne se consacrant qu'aux point majeurs d'intérêt, ne nous a pas permis de tout voir. Il faudrait y consacrer le w-e. Mon nouvel APN, s'il m'a donné toute satisfaction pour sa première sortie, m'a malgré tout joué un tour. Plus de batterie alors qui'l restait tant à mettre en boîte. La rançon de l'inexpérience...
Quant au reste... Une journée de partage avec des potes dans un mélange d'effluves de super, de taches d'huile, de détails fignolés ou insolites, à côtoyer le sublime et l'étrange, à retrouver le parfum des sorties dominicales de l'enfance au contact des voitures de nos parents et grands parents suffisent à notre joie.
Tout ceci engendrant force causeries qui ne sont pas étrangères à la frustration numéro 1. Vous savez, le beurre, l'argent du beurre et à y être la crémière et sa fille! 
Alors, il y a ce qui nous attire. Ces anciennes aux mécaniques minimalistes, où l'artistique l'emporte sur la technologie. Celles qui ont agité nos nuits adolescentes. La qualité d'une réalisation, l'esprit d'une autre. Ce qui nous indiffère, le taillé à la hache, le manga pour tous, le crédit qui paierait une petite maison en échange d'un camping-car à trois roues...
Au milieu de tout cela surnagent cette collection de cyclos sport des 60's, gomina, blousons noirs, dans un état raides de neuf. Mention spéciale au Mustang d'Italjet au style vraiment particulier. Le clou du week-end, c'est la collection de Saulius Karosas. Ce citoyen Lituanien possède une série de modèles des années 30 dus au carrossier berlinois Erdmann & Rossi, lesquels méritent tous les superlatifs. Manque de bol, frustration 2, APN en grève à cet instant. Le lien donne un petit aperçu de l'oeuvre.
Bonus track. Dans le cadre du salon, a lieu chaque année un rallye auto "classic". Petit plateau, mais grande qualité. Batterie rechargée, je suis allé dimanche matin sur le tracé, histoire de ramener quelques photos d'action. C'est bien là, dans le mouvement, que la conservation de ces merveilles prend tout son sens.

lundi 8 décembre 2014

Oignons, vieilleries et techniques d'avant garde.

Il fallait bien que ça arrive à un moment ou à un autre. Fini les affriolantes tenues estivales. Les fringues d'hiver sont de retour. Car l'hiver vient et nous voilà au pied du mur. C'est donc en mode oignon que je rejoins le circuit du Castellet pour le Sunday Ride de Décembre. A moto comme à la voile, l'option de route est à considérer attentivement. Un Mistral musclé s'annonce. J'opte donc pour la route sud. Pas la plus marrante, loin de là, mais la plus intéressante en cette saison et par ces conditions. Entre 2X2 voies, autoroute et passage par le nord de Marseille, pas grand chose à noter dans le journal de bord. Toutefois, c'est l'occasion de retrouver la sensation que procure les gants d'hiver. Et se souvenir qu'en cas d'envie pressante, mieux vaut anticiper sous peine de désagréments fâcheux. C'est plutôt sur le retour que je me délecterai de quelques réjouissants tronçons labellisés "Routamoto". 
Quant au rassemblement, il offre comme à chaque fois son lot d'engins inédits, pas forcément "Classic", mais aussi originaux ou exceptionnels. Les vedettes du jour sont trois machines d'Yves Kerlo, une superbe 450 Honda double arbre coursifiée, je manque de superlatifs, avec en totale opposition un café racer électrique, le HKer qui se laisse regarder au demeurant et la Temo et son mono Terra Modena, au train avant atypique de type JBB.
D'autres moins spectaculaires, méritent tout autant d'attention par leur rareté, comme cette 125 Royal Moto à moteur Sachs, ou le bicylindres 500 Laverda qui ne court pas les rues. 
Beaucoup de (très bon) boulot sur une 650XS "TechnoClassic". Au classicisme de la mécanique, renforcé par cette pipe d'admission sur mesure reliée à un carbu, s'oppose le modernisme de la partie cycle avec une fourche inversée Showa associée à un bras oscillant de Kawa ZRX 1100. 
Le SRC depuis le début a su conserver ce caractère informel qui fait son charme, sans être gagné par les tics du vintage. Pourvu que ça dure!


mardi 5 août 2014

Sunday Ride Classic - Août 2014

Se rendre au SRC est chose aisée voire agréable. Une fois sur place, il faut s'assurer d'être au bon endroit. Rien de plus simple. Couper le contact. Fermer les yeux. Si dans les bribes de conversation que tu parviens à saisir reviennent comme une sorte d'incantation "...à l'époque..." et/ou "...c'était pas pareil..." pas d'erreur ce n'est pas le club MP3 local en goguette.
"Petite" édition en ce 3 août, en ce sens que ce n'est pas la foule des grands jours. Appel de la plage, si proche? Peu importe. Quelques beaux spécimens sont là pour satisfaire le gérontophile qui sommeille en moi. A commencer par deux MV 750, l'une sans tambour les deux cependant avec trompettes. Curieux tout de même, je n'ai jamais autant vu de ces machines depuis que je fréquente ce genre de réunions, alors qu'à l'époque de leur construction il était aussi probable d'en croiser une que de rencontrer un Mammuth.
Inédite par contre une Vincent 500 Comet évoquant irrésistiblement une 1 000 unijambiste. Superbe exemplaire.
Le plus modeste, côtoie le plus rare, ce qui rappelle justement qu'il n'est point besoin de perles rares et de gros chéquiers pour se faire plaisir au guidon d'une machine qui sort du lot.
Chaque montée au Sunday Ride m'a permis de baver devant une GG 1135 Réplica pour laquelle je craquerai volontiers, tant cette machine respire plus la course que n'importe qu'elle autre sportive, fussent elles les plus modernes. Elle y était encore, mais attention, cachée par une autre qu'il faut bien observer, car il y a un "truc". Belle réalisation!
On pouvait encore profiter de machines porteuses d'histoires et d'émotions, d'époques et genres divers. Pour moi, c'est une superbe Honda 450 double arbre qui fut à une époque où je n'avais même pas de mob, l'objet de tous mes fantasmes.
Toutes ces machines viennent de surcroît par la route, ce qui ne gâche rien à l'affaire, sauf probablement une que je te laisse, ami, retrouver.
Comme il faut bien repartir, c'est le moment de profiter de quelques magnifiques spots de roulage qui, malgré les cohortes touristiques étaient plutôt calmes. La route du Camp à Ceyreste en passant par le Grand Caunet. Un festival de gracieux enchaînements sur le plateau, suivi d'une farandole d'épingles dans la descente vers La Ciotat.
Ce fut le moment pour me souvenir que la nostalgie (camarade!) rend oublieux. On se délecte du son disparu des gros deux temps, mais rouler quelques kilomètres sur cette portion derrière une 500 RG Gamma, m'a rappelé que l'odeur devient rapidement aussi insoutenable que le parfum poisson diesel sur un chalutier par grosse houle.
Pour finir sur une note "brise marine", un passage par la route des crêtes, toujours aussi ensorcelante par son tracé et ses panoramas m'a fait plonger sur Cassis. Place en bord de mer à un tableau digne de "La marche de l'empereur" à l'échelle humaine, accompagné d'effluves persistantes et entêtantes de crème solaire. A se demander si la Gamma n'était pas moins insupportable.
Au fait, j'ai découvert une moto vraiment tout terrain!



lundi 2 juin 2014

TZ Days 2014 - Impressions

En migrant d'Auvergne vers les riantes contrées du Sud-Ouest, les Twin Zone Days ont offert aux participants une nouvelle formule, de nouveaux paysages, de nouvelles routes. Découverte d'une région, pour certains, dont les attraits en terme de routes, sites naturels et historiques sont immenses.
A tout seigneur, tout honneur, c'est "Le Doc" Mandello, secondé par sa fille Soraya qui a mis sur pied de belle manière cette édition 2014. Première bonne idée, le découpage des journées en deux boucles qui ramenaient les participants à proximité de Bruniquel, base de cette neuvième édition. Sur chacune de ces boucles un lieu "étape" historique et patrimonial judicieusement choisi. Sans compter ceux rencontrés sur les parcours. Si j'ajoute à cela un hébergement de qualité, allié à une table du même métal et un couple d'hôtes, Brigitte et Walter au diapason de leur établissement, "l'abri niquel" "what else" mon cher Georges? Pour en finir, les tables du midi, par leur rapport qualité prix ont enfoncé le clou d'un cru 2014 d'un fort beau gabarit, ma foi. 
JEt bien sûr, l'ingrédient essentiel, ce qui fait le sel et le succès des TZ (ex Euro) Days depuis le début, l'Humour et la Mauvaise Foi de ceux qui ont  bâti la réputation de notre rencontre annuelle. 
Couleurs. Jaune, blanc, vert. Quand mon doigt glisse sur les routes jaunes et blanches bordées de vert d'une carte, le parcours idyllique réjouit mon esprit. (motard) Quand le tarmac défile sous mes roues en courbes incessantes, que chaque plan du paysage est une invitation à la contemplation, j'en viens à fantasmer un genre de never ending road. Pour ne rien gâcher, j'y vois très peu de bleu. 
Rookie of the year. Michèle, passagère de Sitting Bulle en 2013 qui arrive en 2014 au guidon de la Griso. Permis en poche depuis cinq mois. Alors moi je dis bravo! 
Amoureux. Confier sa Griso à sa compagne et se déplacer en Béhême 1200 S, quelle plus belle preuve d'amour. Soit dit en passant, cela confirme bien que l'amour est aveugle.
Ravito. Arpenter notre beau pays en dehors des grands axes et à l'écart des métropoles, quel bonheur. Mais il est de plus en plus délicat de gérer les arrêts kérosène, tant les pompes se font rares dans les campagnes et certaines villes moyennes en dehors de celles de la grande distribution.
Désert. Curieuse sensation de parcourir des distances respectables sans rencontrer âme qui vive, même dans les villages et hameaux. A croire que des extra-terrestres ont kidnappé la population ou qu'une bombe à neutrons a tout nettoyé.
Etrange. Croisé un groupe de bikers à la mine farouche, (les bikers ont toujours la mine farouche) au sein duquel figurait un T-Max. Soit, ils avaient prévu un barbecue pour le soir; soit c'était un puni; soit c'était le chef de l'état et son escorte présidentielle. Si vous avez des infos...
Incompréhension. Le braille n'est pas le mode de communication de prédilection du motardus arsouillus. Une interprétation hasardeuse des gestes de Phil 90 S a valu à Alain Toucour (rien à voir avec sa taille) de se répandre avec son sublime cafra Centauro. (si, si. c'est la plus belle et la plus sensuelle des brêles de TZ) Par chance, plus de bleus à l'âme que dans les chairs. 
Style. Mars (Toucour aussi, mais tant que les pieds touchent par terre...) n'a pas franchement gagné en vitesse, contrairement à certain qui en a perdu mais qui est bien content*. Par contre il obtient la meilleure note artistique pour ses déhanchés tout en fluidité. On peut espérer le double boucle piqué pour 2015. 
Potes. Ceux avec qui on partage la route, ceux avec qui on partage un bout de table, ceux avec qui on partage un verre dans la nuit, ceux avec qui on partage deux mots, ceux avec qui on a pas eu le temps de partager. Les nouveaux, les anciens. Ils se reconnaîtront. mention spéciale à Gilbert, que je percevais comme un garçon réservé et qui m'a fait mourir de rire le vendredi soir. Un TZ d'or à Titus pour sa participation à toutes les éditions depuis 2006!
CGT. Le MEDEF est partout! Après 850 bornes en 1100 Sport (sacerdoce-illumination-aliénation**) le pauvre Big Yéti, à peine descendu de son enclume, s'est retrouvé métrix en main contraint d'examiner la Calif' II récalcitrante (qui a dit pas étonnant?) d'un petit patron tyrannique. Halte aux cadences infernales.
Rocky Horror Pictute Show. Il y eut par le passé des engins pour créer la sensation. Cette année, Benoît a créé un attroupement oscillant entre perplexité et effarement face à son acquisition du jour, ce n'est pas une blague. Un Sportster 2003, déployant une incroyable panoplie de skulls et quelques autres accessoires exotiques typiquement biker, ça vous pose son homme.
Bref, mélanger tout ceci dans un shaker, secouer pour obtenir un vrai week-end de potes. L'essayer, c'est l'adopter.

*Plus je roule en Sports', à des vitesses quasi légales, plus je profite de l'environnement, plus je suis heureux. Je me hâte lentement.
**Barrer la mention inutile.

mardi 23 avril 2013

La Le Mans Moto Bel' prophète en son pays.

Laurent Sleurs, avec un bô t-shirt et Christophe Charles-Artigues. Duo de choc.

Les deux compères autour de Jacques Ifrah. Un sourire qui fait plaisir.

Le podium, complété par Brasher/Linden (Phase One-Kawa) et Wobker/Matthies (Kawa)

Deux pilotes rapides, qui maîtrisent leur sujet et leur moto aux petits oignons, un préparateur hors pair dont la connaissance des twins de Mandello confine au génie et à l'arrivée la plus haute marche du podium dans cette première manche du Championnat d'Europe d'Endurance, "European Classic Series". Un immense bravo à tout le Team MOTO BEL'. C'est avec impatience que j'attends les manches de Spa et Aragon. Sans forfanterie, c'est une de ses qualités, Laurent SLEURS me confiait voilà quelques semaines que l'équipe se lançait dans ce championnat avec de grandes ambitions. La preuve par le résultat aujourd'hui. Rendez-vous en octobre pour la finale de cette compétition.