vendredi 13 mai 2011

Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas voir.

Le développement du transport individuel. Une belle idée d'à peine une cinquantaine d'année qui offrait au plus grand nombre la liberté d'aller et venir à son gré au moment où il le décide. Liberté encore mieux ressentie au guidon d'une motocyclette. J'ai en mémoire cette belle époque où on pouvait jeter sa montre sur un bas côté poussiéreux et partir sur un chop les cheveux aux vents. C'est ce truc qui m'a donné à 14/15 ans envie de rouler en moto. J'aurais du me méfier dès le départ. Cette histoire les cheveux au vent ne se termine pas vraiment bien.
Le règles de circulation ont toujours existé, plus ou moins contraignantes et le rythme s'est accéléré, peu à peu, pour devenir un tourbillon sécuritaire, un maelström réglementaire prêt à nous engloutir. Ces quatre dernières années, quel hasard, ont vu se multiplier des décisions où l'enflure, et l'improvisation le disputent à l'imbécilité. Tous les usagers de la route sont bien entendu concernés. Mais la dernière charrette, avant la suivante, est à l'encontre des motards d'une aberration incommensurable. Trop de morts en deux roues ? Pas de problème. Une plaque à l'Allemande, de la dimension d'un aérofrein et une tenue "rétro-réfléchissante" et on va voir ce qu'on va voir. La mortalité sera au moins divisée par, aller... cent ! Donc, une mesure en faveur des flics malvoyants, un signal fort comme ils disent, et une autre en faveur des stabilos Boss. Je passe sur le gros des mesures . Entre nous, je rigole doucement. J'ai en mémoire les cris de victoires de certains voilà quelques semaines. Aux orties la loi des 100 cv en France ! Vous aurez bonne mine avec votre plaque qui bouffe au moins 25 cv et votre chasuble jaune à tenter des runs entre deux contrôles de vitesses non signalés.
Depuis quatre ans, cette clique qui dirige le pays n'a de cesse que de pousser un peu plus loin la médiocrité et le cynisme, à l'exemple du premier d'entre eux. Depuis quatre ans ils mènent un politique qui n'a comme but que d'extirper les racines de l'identité sociale française et de ses services publics. A la manière des Républicains aux Etats-Unis, ils mènent une sorte de politique de la terre brûlée. Mettant à bas et saccageant avec une telle brutalité les fondements de notre société que je vois mal comment ceux qui pourraient venir après arriveraient à remettre les choses à plat. Si tenté qu'ils en aient l'ambition ou l'intention. Je ne rêve pas.
Depuis quatre ans, ces gens "gouvernent" à l'émotion. Un événement? Une loi, un règlement teintés de populisme et d’esbroufe. C'est exactement le sens des dernières décisions. Action, réaction ! Bon.
J'attends avec impatience les chiffres de Mai et de Juin. Supposons que la courbe suive cette même tendance? Que reste-t-il? La réouverture du bagne, les travaux forcés, les châtiments corporels en public, privé de dessert et de TF1? Je prends les paris.
Ces mesures auront globalement deux effets rapides:
-remplir les caisses de Bercy: c'est sympa de faire des cadeaux fiscaux aux copains fortunés du pays, même si on affirme le contraire; mais voilà un bel et bon impôt qui devrait rapporter gros.
-le nombre de gus circulant sans permis est déjà impressionnant; on peut s'attendre à des records dans le genre.
Il était question voilà quelques jours d'abaisser le seuil d'alcoolémie à 0,2 g/l pour les jeunes. C'est connu les vieux ne picolent pas. Personnellement, je n'aurais pas trouvé grand chose à redire si cette mesure avait été retenue et généralisée. Mais mieux vaut ne pas énerver les limonadiers et gargotiers (à qui on par ailleurs fait un beau cadeau avec l'abaissement de la TVA à 5,5%) qui font le gros de leur chiffre avec l'alcool.
Non, la méthode retenue est plus simple et résonne curieusement à mes oreilles. A l'heure où les mêmes qui pondent et/où approuvent ces mirifiques décisions se répandent régulièrement sur la répression en Syrie je trouve dans la méthode un parallèle étonnant. Les gens manifestent , on leur envoie des flics avec des lacrymos ; encore ? Des flics qui tirent à balles réelles ; encore ? Des blindés avec de vrais obus ; encore ? De l'artillerie qui pilonne la ville. Les gens manifestent toujours...
Un gouvernement qui n'offre face à un problème réel, ne l'oublions pas, que la répression comme solution est-il crédible? Dans le milieu scolaire, que je connais bien, ceux qui n'ont comme moyen que la punition face à des groupes difficiles ne s'en sortent pas. La punition est nécessaire et utile, à condition d'avoir en amont un travail de construction. De pédagogie oserais-je dire. Mais pour le chef de la clique, la pédagogie, est une notion qui permet de nous expliquer pourquoi une loi qui rogne un peu un plus nos acquis est bonne pour nous.
Alors? C'est bien simple, je perdrais sûrement un peu de temps à railler ici où là ces décisions stupides. Mais une chose est très claire dans ma tête: si les choses restent en l'état à l'encontre des deux roues je raccroche mon cuir, mon casque et mes gants. Avec des regrets, mais je ne suis pas prêt à supporter tout et n'importe quoi.

mardi 19 avril 2011

Risque calculé

Le fait divers est devenu un créneau médiatique très porteur et il n'est pas rare de le voir prendre le pas sur ce qui régit le plus notre quotidien, la politique, nationale et internationale ou l'économie, particulièrement dans l'audio-visuel. Mais voyeurisme et bons sentiments mêlés ça parle aux masses. La vie brisée d'une famille, ça émeut dans les chaumières ça fait pleurer Margot. Et cela écarte pour un moment au moins les sujets qui fâchent. Ce ne sont pas moins de deux nouvelles tragédies, six morts en tout, qui ont donné du grain à moudre aux rédactions. Alors qu'on compte les victimes par centaines ici et là, révoltes, répression, catastrophes plus ou moins naturelles, c'est sur ceux-ci que se font les ouvertures des journaux télévisés. Sans compter le manque de distanciation de certains. La palme au présentateur du jt de mi-journée sur FR3. On a de la chance, il n'est pas médecin. Ce type t'annonce un cancer, tu crois que tu vas mourir sur son palier...
Bien entendu qu'il s'agit de drames. J'imagine le choc pour les familles et les proches. Ce qui m'agace en l'occurrence c'est qu'il s'agit de faits divers routiers et qu'ils arrivent après la publication des dernières statistiques de "l'insécurité routière", vraiment pas terribles en ce qui concerne les deux roues. 49% de morts en plus au regard de la même période en 2010. Bien entendu, ces mêmes journaux relais habituels de la statistique gouvernementale, n'ont pas manqué de s'emparer du sujet et d'y aller de leur "enquête".
Laquelle se déroule en ville, mettant en scène l'imbécile tout puissant en moto, slalomant entre les files de bagnoles, brûlant un feu, au milieu d'un trafic dont la densité devrait inciter à la circonspection et quelques spécimens de scotéristes déboulant entre les files de circulation à une vitesse certaine. Les images sont parlantes, le scotère a pris le dessus en milieu urbain. Un ce ces aimables quinquas conducteur de l'engin précité indique que: "Non, il ne prend pas de risques. Enfin, parfois quand même. Mais c'est un risque calculé." Je vais y revenir. Bernard Pottier chef de la Prévention Routière est affirmatif: "La responsabilité incombe aux grosses cylindrées et à la vitesse." Il doit avoir des éléments de statistiques réservés aux milieux autorisés chers à Coluche. En tout cas, j'ai cherché, mais n'est trouvé aucuns détails quant à ces morts en deux roues.
L'argumentaire ne varie de toute façon pas de part et d'autres, comme d'habitude. Un motard (?): "C'est le comportement des autres automobilistes (sic) [] qui est dangereux" Un automobiliste: "Ils roulent trop vite." On va aller loin.
En vrai, ça donne quoi? C'est un point de vue de motard dans la peau d'un automobiliste que je fournirai. Le mien, au hasard. Pour des raisons de boulot j'ai récemment emprunté quelques jours durant une portion de (l'ex) N 113 entre Salon de Provence et Berre aux heures de boulot, matin et soir. Et en quatre jours, j'ai été témoin des conséquences de deux cartons moto/voiture. Ça a commencé avec une 1200 RT éclatée sur la chaussée. Bien éclatée. Pas de trace du Béhèmiste probablement déjà évacué par les pompiers. Gros choc, c'est certain. Pas moyen de connaître la cause du crash, mais quelle qu'elle soit, ça laisse une sale impression. L'un des deux prenait-il un risque calculé? Deux jours plus tard quelques kilomètres plus loin, de bon matin, gyrophares, tout le tintouin. Un 900 CBR visiblement, appuyé sur un muret et son pilote, enveloppé dans une couverture de survie, visiblement conscient avec des secouristes aux petits soins. Pareil que la Bien Molle. Pas moyen d'avoir une idée des causes. Y en a-t-il un qui prenait un risque calculé? Une chose est sûre, cela rappelle qu'on est qu'une carcasse enveloppée de chair et que dans une collision on ne fait pas vraiment le poids.
Le point commun de ces deux histoires, un ralentissement, voire un arrêt total du flot de voitures. Dans ces moments là, il est facile vu le rythme de circulation d'être un peu plus attentif à la radio, à la musique, à une idée qui vagabonde dans l'esprit, à n'importe quoi qui nous sollicite. Je ne parle même pas de celui (celle) qui téléphone. A cet instant, remonter la file des escargots est un acte habituel pour celui qui se déplace en deux roues. C'est un risque calculé. Comme pas mal d'autres. Calculé différemment par celui qui remonte tranquillou et celui qui remonte adonf. L'ennui, c'est que dans les voitures, on calcule peut-être différemment, ou qu'on ne calcule rien. Qu'on va s'arrêter pour laisser traverser le gars qui poireaute depuis un moment, à droite là. Je ne fais pas un dessin sur le résultat pour le adonf précédent. Il y a celui qui calcule qu'il dépasse à gauche de la ligne continue et que les gonzes qui arrivent en face vont un peu se pousser pour qu'il glisse entre les deux véhicules. Des fois qu'il perde 15 secondes pour rentrer chez lui.
Iil y a parfois aussi des histoires qui me font vaguement sourire, celles où on se vante d'effectuer tel trajet en xx minutes. Me font sourire, car même s'il s'agit d'un risque calculé, une rapide règle de trois me laisse à penser que réaliser une telle moyenne sur un tel parcours, sur route ouverte, devrait à tout le moins valoir à son auteur un guidon officiel. Ou un casque d'âne. Mais le motard est volontiers vantard. Ce qui modifie le calcul du risque.
Côté caisse, on peut en dire bien entendu. Depuis le tout répressif, je note au quotidien que la grosse majorité se tient à carreau côté vitesse. Côté comportement par contre... Comme on ne roule pas trop vite, on téléphone à tout va, on fait encore moins gaffe. On regarde un dvd en roulant. Qu'est-ce qui va m'arriver à 90? A toi pas grand chose mais pour l'autre, c'est moins certain. L'utilisation du cligno, le respect des signalisations, (combien savent encore ce que "céder le passage" signifie?) autant de règles de base qui semblent ne plus exister, quelle que soit la génération.
Tout ça pour dire que le risque calculé, c'est bien, mais il faudra juste se rappeler que la route n'est pas un circuit et que comme le dirait si bien "Moustik" Charles-Artigues, sur la route, le plus rapide c'est le plus con. A calculer quelque chose, autant que ce soit la prévision des errances du reste du troupeau.
Rien à voir pour finir, si un peu quand même. Ce week-end, c'est la féria de Pâques en Arles. Massacre organisé d'un bon paquet de bestiaux qui ne demandent rien d'autre que de paître tranquillement et beuveries sans limites. Spectacle hautement apprécié de bons nombre de bobos de "gauche" coureurs de médias. Donc cette aimable boucherie compte comme partenaires "La Marseillaise", quotidien communiste (?) qui n'a rien d'autre à faire que de s'associer à un truc plus réac tu meurs. Également, France Bleu et FR 3 apologistes du carnage avec des deniers publics. Pour ces derniers, ils font partie des pleureuses qui fustigent allègrement les criminels de la route et ironie du sort, les nuits de férias, le nombres de cartons mettant en évidence l'équation alcool/volant/vitesse fait régulièrement leurs gros titres. La boucle est bouclée.

lundi 11 avril 2011

Putain, dix ans!

Avril 2001 – Avril 2011. Dix années de vie, dix années de Twin Zone. Dix années qui m'ont donné du fil à retordre avant de pouvoir mettre des mots dessus. Le syndrome de l'anniversaire sans doute. (C'est pas mon truc.) Dix ans condensés en une sorte d'inventaire, un inventaire de gens, de rencontres, de joies de drames. Au final, ce petit machin virtuel est ce qu'il est par ceux qui s'y reconnaissent. Ceux qui ne seront pas cités, ils sont légions, sont dignement représentés par la brochette des gens ci-dessous, bel échantillon de "l'esprit" Twin Zone.
Un izzuGo toM, ses belles narrations, son team, sa passion et sa science guzziste, son sens du partage et un inoubliable séjour à Mandello en sa compagnie; un Leflat et son hélice, ses interventions calibrées; un ZigZag, ses aphorismes, son gaz; un Psycho Candy son ton décalé, ses voyages italiens et suburbains; un Scuralain, son accent, son trou dans le carter; un Gilbert, discret mais toujours là; un Lolo, ses six TZED, sa bâche son canari; un Mathieu, son gilet jaune, son genou par terre; un Jean Marc, un Titus, des Bitwin les fidèles des TZED; un Pascal croix bâton, sa pomme, sa caméra indiscrète; un Barbidur, ses mégaphones Ikéa; un Sanitas, mécène modeste et joyeux; un FamilyPelletier, la Sarthe, ses récits de voyages, les histoires de ses potes, le Tour de France; un Buzzi, son chop, son GPS; un Mars, son ragondin; un Smed, santé, bonheur et "bip" à toutes heures; un Grober, son open bar, son porte-voix, sa veste à damier; un JP Corsa une Labigoud, 250 km trop loin, de super cartes postales; un Mandello, ses analyses, son garage, son ti punch; un Stef 94 qui ne roule jamais la nuit; un Sitting Bulle, son V 10 en fer forgé; un Guzztav, son blog, ses jeux de mots que la terre entière lui envie, un BigSteve, son art du contrepet, son blanc de Cucuron; un Dom, ses carters de boîte de vitesse, son extincteur; Benoit, son gros cœur; Big Yéti, sa perceuse, son enclume, son extérieur; Alain C, son esprit dans le casque; Black Flag, son tournevis coudé; Bajatwin, son coup de pouce, sa grasse matinée.
Dix années émaillées de balades, d'évènements, de projets qui tous laissent des traces dans les esprits de ceux qui en furent partie prenante. Le Bol d'Or Classic 2004 fut le prétexte à la première rencontre pour de vrai avec izzuGo et LE team. En compagnie de Leflat nous connûmes l'enivrante sensation ressentie par Stanley/Livingstone ou Roux/Combaluzier. Il y eut une visite du musée de la moto de Marseille en compagnie d'Aquilou. Un séjour à Mandello à l'été 2005  avec izzuGo et Fabienne. Quels meilleurs guides pour un premier séjour sur les terres de Carlo Guzzi. Et sont venus les rendez-vous «traditionnels». Les TZED portées à bout de bras par notre Grand Chambellan qui a fait de cette rencontre ascensionnelle un week-end de belles routes, de discussions échevelées, de soirées prolongées. Les amateurs de sites "valant le détour", de gros gaz, de mauvaise foi, de produits du terroir, de bons mots, et surtout d'amitié y ont chaque fois trouvé leur bonheur. Plus informel le Trofeo Rosso nous permet de nos retrouver au milieu d'un bric à brac d'Italiennes de tous poils et caractères (Je parle de motos, bien entendu.) tout en cultivant notre « jardin secret » sur les bucoliques rives de la Vienne au maintenant célébrissime camping d'Hawaï Limouzine. Plus axé sur le papotage, le TR est un lieu de rencontre œcuménique autour de la moto "autrement". Twin Zone est ainsi devenue une manière de Franck Provost de la moto. Une franchise libre de droit par laquelle, chacun ici et là organise un viron ou un week-end. Et en fait profiter les potes à travers des récits qui ne manquent ni de sel ni de poivre...
Dix années de soutien, histoire de participer à un rêve, comme l'aide, à Phil & Sandrine lors de leurs participations au rallye de la Sarthe. Histoire aussi de faire aboutir un projet collectif avec le MGS 02 Project. Une belle brochette de donateurs pour au final faire rouler une V 11 lors du Trofeo 2010 avec Colt et LaurentGuzz se partageant le guidon de l'engin. Marque de confiance de tous ceux qui ont versé leur obole dans une structure qui n'en est pas une au sens légal du terme.
Dix années durant lesquelles le team Moto Bel a écrit quelques unes des plus belles pages de l'histoire de Moto Guzzi dans les courses classiques: Bol d'Or Classic; Biker's Classic de Spa; championnat de France VMA. J'ai eu la chance de vivre le BOC 2005 de l'intérieur grâce à Jacques et Nicole Ifrah et je suis plutôt fier de voir les stickers TZ orner les carénages de leurs motos. Merci à eux.
Dix années de solidarité quand certains d'entre nous ont été touchés par les drames de la vie. Les messages de soutien, de réconfort ou d'amitié n'ont jamais manqué à ces moments rarement faciles. Triste paradoxe. A Twin Zone, on est plutôt poivre et sel donc et pourtant par deux fois ce sont les plus jeunes qui ont été frappés. Le forum n'avait que quelques mois d'existence quand Libeur laissa sa vie au guidon du V 11 qu'il avait racheté à PhilChek lequel accusa rudement le choc. Ce fut dur de perdre des potes avant mes 30 ans, victimes de leur inconscience ou de celle des autres. Ce fut une sensation étrange d'en perdre d'autres en vue de la cinquantaine, victimes d'une longue maladie comme on dit... Ce fut un sentiment de colère et de désarroi lorsque ce matin de mai 2009 izzuGo m'apprit le mort de Verde Bianco Rosso en dépit de son courage, du soutien de Stéphanie, de tout le Team et de ses potes. Si vous consultez la liste des membres du forum, l'un comme l'autre y figurent toujours, on peut encore les lire et ce sera ainsi tant que Twin Zone existera.
Dix années passées. Des années à venir qui s'égrèneront au fil de nos vies et celle de Twin Zone. Au commencement je n'attendais rien; avec le forum je me suis senti l'âme du boutiquier guettant fébrilement ses premiers clients; vous êtes venus, vous êtes rentrés, certains ne sont plus jamais ressortis. Le nombre, les reconnaissances officielles n'ont jamais été le credo de TZ. J'aime cet esprit que j'ose qualifier de libertaire qui règne chez nous. Chez TZ, si on parle de motos et qu'à ma connaissance personne n'est jamais resté en plan face à un problème, il me plaît de constater qu'un tiers du passage se fait au Bistrot; on est pas bien là?
Continuons à faire vivre ce site et ce forum de la plus belle manière qui soit, le partage sans prise de tête ni forfanterie, mais avec Humour & Mauvaise Foi!
Hasta la vista siempre! 

Bonsoir chez vous.


jeudi 3 mars 2011

Terroristes, émeutiers et fils de pub.

Les motos d'hommes sont de retour! Enfin, c'est la pub qui le dit. C'est en tout cas ce que nous promettent chacun de leur côté Ducati et Suzuki. Les Italiens avec la Diavel, pardon LE, font irruption dans le segment des «muscles bikes». Voilà que je cause marketing moi. Faut que je consulte. Le muscle bike, concept qui est à la moto ce que Jean Claude Van Damme est au genre humain. Irruption et disparition car, c'est l'argument mis en avant, sitôt vue, sitôt disparue. Je passe sur le visuel, une manière de Cendrillon post moderne, noctambule, urbaine et solitaire, rentrant à pince du bal. (pas bien prudent tout ça, par les temps qui courent) Lançant un regard furtif au diabolique engin qui passe. Qui ne fait que passer. Pas un regard hors de la trajectoire par contre du viril héros moderne, tout occupé à maîtriser son gros engin [qui pousse] velu. Perplexité de ma part. Le propriétaire du Diavel aurait-il une sexualité différente? Le Diavel serait-il l'anti frime, l'anti m'as-tu vu ultime? (Mettre au moins 17 000 zorros dans une machine pour même pas pécho une meuf, c'est un truc de séminariste.) Ducati ne fournirait pas le guide permettant d'arrêter cette moto? (C'est comment qu'on freine? J'voudrais descendre de là...) Que nenni. En guise de moto d'homme, il y a loin de la coupe aux lèvres. Les trois «riding mode» et le «Ducati Safety Pack» font de cet outil un tigre de papier que Cendrillon adopterait sans peine en guise de carrosse pour éviter de se retrouver pedibus cum jambis.
Chez Suzuki, pas de dentelles. La GSR 750, c'est de la machine de bûcheron. Pas un truc de nymphette en tutu. Ils ne sont pas à un paradoxe près. Alors que Ducati revendique haut et fort le genre masculin de son produit, Suzuki reste dans le féminin. Méchante! Hou la vilaine! Tout comme ils n'hésitent éventuellement pas à se montrer contre productifs. Perso, si j'enfile mes Trucker boots, (chez Suzuki on préfère les godillots de députés UMP bûcherons) c'est qu'il faut savater ce satané sélecteur pour enclencher les rapports dans des «klon » virils. Pas une spécificité japonaise ça. Quant à l'idée de la moto collée à un mur, ça sent le peloton d'exécution. Et tout ça, d'un bord comme de l'autre, pour maîtriser 100 chevaux...
Chez Gunswear, on est dans le visuel apocalyptique, sur fond de flammes et de destruction industrielle. Passons sur le jeune chébran à la fausse négligence pileuse, indifférent au monde qui explose perché sur sa Wakan. Côté slogan, c'est du pondéreux: Guns wear is a game. Une sorte de contrepet britannique du genre: Guns war is a game. Les Lybiens et autres peuples, qui n'ont, pas de bol, le loisir de profiter de cet encart, apprécieront.Avec Gunswear, rien ne vous atteint. Sauf peut-être la hausse du prix des carburants.
Trop la honte d'être Français? Je peux le supposer quand la pub All One Security met en scène «Matt» Lagrive. Mathieu ça doit faire trop pécore. Matt, ça te met au rang d'un Matt Damon, ce qui est hautement plus glamour. Ils ont de la chance quand même. Imaginons qu'il eut Joseph Lemoineau pour état civil. Faute de grives, on se contente de merles, c'est bien connu!
Hollister 1947, ça vous parle? Ce lieu, ou cet événement, est un des mythes fondateurs des MC 1%. Il a donné matière à un film dit culte, «L'équipée sauvage» et à pas mal de fantasmes. Il est «personnifié» par un cliché paru dans Life magazine. Cliché légèrement bidonné, le photographe révélant plus tard avoir lui même poussé du pied le tas cannettes sous le WL du «héros».
Afin de remettre un peu l'histoire à sa place, on peut lire la traduction d'un article du San Francisco Chronicle dont l'auteur a assisté au fait. Une chose est claire, les bikers, venus là pour une concentre labellisée American Motorcycle Association ont mis le brin dans la ville. Pas mal en fait. Grosse picole, runs sauvages dans les rues, bris de verres en tous genres... Les faits sont qualifiés d'émeute, voire d'acte de terrorisme. A l'aune de certains évènements du présent, on peut sourire. D'autant que la lecture de ce papier nous apprend que les 4 000 fauteurs de troubles ont été ramenés à la raison par en gros une cinquantaine de flics qui les ont tout bonnement parqués dans un coin de la ville. Coin où se trouvait un orchestre installé sur un camion et qui a gentiment été invité à jouer par les forces de l'ordre. Effet immédiat, les outlaw ont cessé leurs coupables activités afin de danser. De dangereux criminels en effet! Pas un meurtre, pas un viol, même pas une brouette sodomisée. J'y apprends également que les barmen, pensant que ces joyeux garnements n'auraient pas les moyens de se payer du whisky, ont cessé la vente de bière. Le sens de cette manœuvre m'échappe légèrement. Si plus de bière, il ne reste que le whisky. CQFD.
Il y eut bien sûr force arrestations, dont celle, ça ne s'invente pas, d'un certain Jim Morrison, 19 ans, qui écopa de 90 jours de prison pour attentat à la pudeur... J'en connais un, nettement plus célèbre, qui n'eut point besoin de bécane pour écoper d'un châtiment similaire quelques vingt années plus tard. On est quand même plus proche du "dernier bal" de Renaud que du 11 septembre. J'imagine le traitement de ce fait divers dans le journal de 13 heures de JPP...
Voilà, voilà. On pourra retrouver tout cela en vrai et en intégralité, plus pas mal d'autres choses, dans le n° 50 de Café Racer.
P.S. Ce saut dans un passé si proche et si lointain déjà, m'a donné l'occasion de visiter le site du BoozeFighters MC canadien. J'ai pu y lire: BoozeFighters, un club d'alcooliques avec un problème de moto. (Traduction assurée par mes soins.) Ils ont au moins le sens de la formule!

mardi 15 février 2011

En vitesse

C'est dépassé la vitesse! Le fameux slogan des années 70 est plus que jamais d'actualité. Pour bien nous en convaincre, notre ministre spécialiste de la question, mr Hortefeux à volonté nous gratifie de 1 000 radars supplémentaires à venir. Rendez-vous pour les 1 000 suivants. Après l'opération, "un bébé, un arbre", mr Hortefeux de croisement propose "un kilomètre, un radar". Bonne chance. Alors parlons de vitesse sérieuse. Celle qui va vraiment vite et en toute impunité légalité. Il n'y a pas de raison que vous échappiez à mon analyse, si je puis me permettre, sur la saison de Moto GP à venir.
Les essais de pré-saison à Sepang terminés, je me suis penché sur les résultats. Je vous épargne les commentaires des uns et des autres, car comme on le sait, s'il est un monde où la langue de bois sauce mièvre est consommée sans modération, c'est bien dans ce petit milieu. Une interview de Drucker fait figure de provocation iconoclaste au regard des déclarations que l'on peut lire ou entendre sur le site officiel du championnat. "J'ai rarement été aussi content d'une douzième place." "Suzuki est sur la bonne voie." "J'ai toujours cru en moi, je n'ai jamais manqué de confiance." "Il y a énormément de talent dans notre groupe..." "Je suis content d’être de retour ici et de retour sur la moto." "Les résultats de ce test sont globalement assez bons." "Le team est vraiment fantastique et nous travaillons déjà en harmonie." Voilà pour le clan des Bisounours. Et il y en des tonnes du même acabit. "La GP 11 a un gros potentiel,mais nous ne profitons pas encore de tout son potentiel..." "La Ducati est difficile à cerner." "Le travail qu'il nous reste est encore énorme..." “Nous devons garder les pieds sur terre.” Ça, ce sont les réalistes prudents.
Autre tendance langagière particulière, l'emploi du "nous". "Nous nous sommes ensuite concentrés sur la simulation de course, nous avions un bon rythme sans pousser la moto dans les limites..." Du coup, je vais finir par croire que ce milieu à un côté, vous allez voir lequel. Une récente étude montre qu'en politique le "nous" est l'apanage de la gauche, le "je" étant nettement marqué à droite. Et si le Moto GP était en réalité une organisation crypto guevariste, chargée, sous le couvert de ses déplacements mondiaux d'inciter les populations à renverser les tyrans qui les oppriment? Une source bien informée me fait néanmoins remarquer qu'il n'existe ni Grand Prix de Tunisie, ni Grand Prix d'Egypte. Attendons quand même pour voir.
Pour clore ce chapitre, mr Hortefeux de paille a quand même réussi à placer un homme à lui au sein de ce groupe d'énervés. "...je ne cherchais pas la vitesse. ." déclare en effet l'humoriste du groupe.
Pour aller vite, il faut des machines. Le tour est vite fait. Ce barnum planétaire qui réussit l'exploit de présenter une grille avec dix-sept machines, moins qu'en F1 et avec des véhicules qui prennent moins de place, tourne autour de quatre marques.
Point commun, on s'en doute la satisfaction. Ça va du: ravi, parce qu'on est devant, mais on va travailler encore pour y rester; content parce qu'on n'est pas loin des premiers et on va travailler dur pour combler le retard et passer devant; optimiste, parce que la moto a du potentiel et on va travailler pour vous le montrer; heureux, parce quavec notre machine, oui, on en a une seule, on va travailler pour faire des podiums. Une manière d'unanimité qui fait irrésistiblement songer à l'école des fans canal historique...
Dix-sept machines, avec deux usines qui présentent les deux tiers du plateau. C'est un peu léger pour un championnat qui se veut la vitrine du sport motocycliste. L'affaire aurait plus d'allure et de crédibilité mécanique avec l'appoint de constructeurs qui auraient toute légitimité à rouler au plus haut niveau: Kawa, BMW, MV, KTM, Aprilia... Ça aurait quand même plus de gueule. Seulement, je me doute bien que les uns et les autres, vu les investissements en jeu, ne voudront venir qu'à coup sûr. Il faudrait juste se rappeler que le propre même de la compétition est qu'il y ait un gagnant et des perdants, mais quel défi de tenter de déboulonner les idoles en place! A moins encore, qu'un autre vent ne souffle venu de l'empire du milieu... A quand Rossi sur une Zongshen GP? On peut s'attendre à tout! Et puis ce serait pour tous la possibilité de participer à cette autosatisfaction générale.
Et pour finir, les pilotes. On a déjà eu plus haut un aperçu de leur talent oratoire. Mais quoi d'autre? La grande affaire, c'est bien sûr le passage de Rossi chez Ducati. Lui qui a amené Yamaha au plus haut niveau face au grand rival Honda, va-t-il tirer les Rouges vers le haut? Honda à la reconquête d'un titre qui lui échappe depuis 2006 a mis le paquet cette année, avec trois pilotes officiels, il y a du monde. Pedrosa, qui rit quand il se brûle. Celui qu'à l'école on enfermait dans les chiottes à la récré, histoire qu'il se fasse engueuler par les profs en arrivant à la bourre. Stoner, le gendre idéal. Avec son sourire béat, ça fera une moyenne avec l'Espagnol dans le stand du HRC. Entre ces deux là, ça risque d'être chaud. Le petit Iznogoud ibérique qui rêve d'être calife à la place du calife face au bondissant Australien qui a déjà touché le Graal, ça fait beaucoup de crocodiles dans le marigot. Avec les risques que cela comporte. En face, Lorenzo, le petit retords, content des mauvais coups qui frappent ses petits camarades. Avoir grillé la politesse à mr "Fait la gueule" en 2010 lui a probablement suscité quelques émotions dans le slip. Qu'il en profite.On entend déjà les claquements de mâchoires. A commencer par son équipier(??) Spies, qui voudra se montrer au diapason du rude Ibère.
Et puis, il y a Rossi. Le jour où il arrête, il est probable que j'arrête aussi de regarder les courses. Entre ses coups de génie (folie?) qui vous laissent scotché dans le canapé, ses mises en scène assez folklos à la fin des courses, même si je ne suis pas dupe de leur spontanéité, son accent Anglais hilarant, il est le dernier à mettre un grain de fantaisie et de folie dans ce monde là. Quand il sera à 100% de ses moyens, avec une moto à sa main, il y aura des étincelles. Pour faire bonne mesure, il serait le premier à être sacré dans la catégorie reine avec trois marques différentes. La répartition des forces pourrait jouer en sa faveur même si les performances ne sont pas immédiatement au rendez-vous. Les rivalités intra-team (Honda) et espagnoles peuvent lui être favorables. Wait & see.
Je sais, il y a douze autres participants. Tiens Capirossi, encore un qui s'amuse et continue la route alors qu'il pourrait jouir d'une retraite confortable; ses mauvaises manières de jeunesse lui sont pardonnées. Crutchlow, un nom à retenir pour les passionnés de Scrabble. Simoncelli, son côté un peu dingue pourrait en faire le Rossi du futur. Terminer devant lors de ces essais officiels, ça n'est pas rien. Surtout sur une machine qui ne l'est pas. De Puniet, son accent Anglais très français et ses umbrellas girls...
Voilà, c'est tout. Rendez-vous le 6 novembre pour le débriefing. Ah, non. Vous aurez compris que j'apprécie Vale et que mon avis est des plus subjectifs. J'apprécie, mais je ne suis pas fan. J'ai passé l'âge de ce genre de trucs. Je n'ai plus été fan depuis la disparition de Saarinen en 1973...
Bonsoir chez vous.