mardi 19 avril 2016

Sunday Ride Classic 2016

Le SRC fait partie de ces évènements qui permettent quelques heures durant de se faufiler dans une faille spatio-temporelle. Certains revivent là des moments forts de leur jeunesse. D'autres, appréhendent ce qu'était la moto de compétition des années 70/80, à travers notamment, de sons et d'odeurs disparus.
"Times they are a changing..." Ces paroles de Dylan me reviennent (encore) à l'esprit aux portes du circuit. Le nombre de voitures franchissant le péage est impressionnant. Un sacré contraste avec cette époque qui revit le temps d'un week-end. Cela se traduit par la mixité du public aujourd'hui. Les poussettes ne sont pas rares dans l'enceinte du circuit, sans compter des groupes où se côtoient trois générations. On est loin de la horde de cuirs noirs aux tignasses approximatives de jadis.
Je te rassure, ami lecteur, j'y ai aussi vu des motos. Le gros des exposants est passé cette année en extérieur de la piste. J'y ai constaté l'ancrage de plus en plus marqué de Moto Guzzi dans la tendance "Garage" avec la scénographie qui va bien. Aperçu Albin Carrière dans le stand Café Racer, qui le matin comme en fin de journée semblait un poil s'ennuyer. Amusé des commentaires de jeunots tous sliders au vent à propos du train avant de la Bimota Tesi.
C'est une fois dans le paddock et dans les boxes particulièrement, que le temps s'inverse. La palette des choix techniques s'étale sous les yeux des visiteurs qui peuvent librement circuler dans ce musée vivant. Deux temps, quatre temps, mono, multi-cylindres, châssis, tout cela contraste avec la quasi uniformité des plateaux contemporains. En matière de machines de Grand Prix, Yam' se taille la part du lion. Alors que l'an passé les Suzuki, Kawa et Honda diversifiaient le plateau. 
Côté humain, après le feu d'artifice de 2015, grille réduite pour cette édition. Ago et Rigal, dont le poil blanc est l'unique point commun avec le poireau, en  grande discussion, J.F. Baldé toujours souriant seront mes seules rencontres de cette édition... Ago qui retrouvait là sa machine des 200 miles de Daytona 1974! La jeune classe, représentée par Zarco et Baz, venus saluer leurs aînés, alla même jusqu'à rendre un bel hommage au Continental Circus, Johann prenant le guidon d'une Suzuki RG pour quelques tours de piste. Première manche de la saison en ICGP et carton plein pour Guy Bertin qui remporte les deux courses et la catégorie 350. Mention spéciale à Bernard Fau, deux fois cinquième en 3 1/2, entre séances de mécanique et de dédicace de son film "Il était une fois le Continental Circus".
Bel étalage du génie mécanique français, avec quelques spécimens dézépoques, particulièrement en matière de partie cycle. Sans parler, ou plutôt si, de l'extraordinaire 6 cylindres TL 306 du sorcier Guy Coulon, véritable Géo Trouvetou de la moto de vitesse, reconnaissable entre tous dans le garage.
Circuler dans le paddock de ce style de manifestation est toujours source d'étonnement. La passion déborde de toute part, quels que soient les moyens à disposition. Des rois de la bricole du side car, à la maniaquerie de certains détails sur des machines uniques pour d'autres, tout y passe. 
De bien belles belles journées comme on aimerait en voir plus souvent!