mardi 29 mars 2016

Avignon Motor Festival 2016

Quatorzième édition du festival avignonnais et toujours le même enthousiasme pour cet évènement qui coïncide avec l'arrivée du Printemps. L'AMF est un des évènements, peux nombreux, qui occupent la totalité du parc des expositions. Dommage que depuis quelques années, la surface dévolue à la moto ait diminué.
Un seul bâtiment dédié à notre passion donc. Quand on enlève les quads et les scotères ce n'est pas franchement la fête. Hormis Honda, tout le monde, ou peu s'en faut, est représenté. Côté ancienne, le "village" du même nom mériterait plutôt celui de hameau. J'ai consulté mes archives photo et il y eut des années bien plus fastes. Cette tendance n'est de toute façon pas nouvelle. Quelles qu'en soit les causes, je ne peux que le déplorer. J'ai le sentiment que le festival suit la tendance de beaucoup de salons spécialisés qui pour des raisons économiques tentent de drainer le grand public avec comme corollaire un rabotage des niches
Pour compenser, la météo était de la partie, tranchant avec une édition 2015 grise et froide. 
Côté moto, le diaporama s'ouvre avec un détail de ma moto coup de coeur de ce millésime. A parcourir les allées, mon sentiment ne varie guère s'il me fallait choisir une moto neuve, je finirai pas lorgner les marchands de chaussures... J'envie presque Alain, prêt à succomber au chant de la  BMW 800 GS pour tenir compagnie à son XT. Tout bien pesé, une bécane actuelle serait capable de m'attirer dans ses filets. La Royal Enfield. D'aucuns diront que je biaise... 
En dehors de cette superbe Ducati 450 sur le stand Ital Racer, c'est dans le hall A, le hall "Prestige" que je suis tombé en arrêt devant deux magnifiques Gilera 500 mono, une Saturno et une VTE Grand Sport "Otto Bulloni" dont le nom fait référence au nombre de boulons d'assemblage des carters moteur. Des moteurs esthétiquement superbes.
En ce même lieu, les vedettes auto de l'année: un fort contingent d'Abarth et un parc de BMW impressionnant. Abarth, préparateur réputé sur base de Fiat, y compris la petite 500 "Topolino", curieusement absente, s'est également illustré comme constructeur, toutes catégories confondues. Quant à BMW, de la petite Isetta au concept car "Hommage" de 2015 en passant par une délirante 320 Groupe 5 des années 70 c'est 100 ans de production qui s'étalait sous nos yeux. 
Intéressante mise en scène également, pour rappeler les avancées foudroyantes de la technologie des déplacements en un peu plus d'un siècle. Nos arrières grands parents ont vécu la cohabitation de la traction hippomobile finissante, les balbutiements de l'automobile et la première traversée aérienne de la manche. Le chemin parcouru est ahurissant!
Le mot de la fin au motard inconnu, un de ceux avec qui on partage un moment de discussion impromptu sur le parking. 
"C'est un trail Benelli?
-Non, c'est la nouvelle MV."
Je fais le tour pour jeter un oeil.
"Ca va, tu en es content?
-Maintenant oui.
-...???...
-Elle est restée en panne deux mois chez le concessionnaire..."
Sacré Italiens!  
 

samedi 19 mars 2016

Une moto différente.


Abus de Jack Daniel's, dispute conjugale? Le designer responsable de la 750 HD "Street" doit avoir quelque excuse à faire valoir. Vu l'empressement du public à essayer ce modèle et l'enthousiasme des concessionnaires à le promouvoir, je ne dois pas être le seul à le trouver... différente. Politiquement correct oblige. Dans une famille, c'est ce qu'on dit: c'est un enfant différent. Certains plus lucides n'hésitent pas: "Fini à la pisse", résume bien la situation.
Tellement différente que pour authentifier la parenté de la moto, un test ADN ne serait pas de trop. Enfin, les égoûts et les couleurs...
Depuis le début, je suis surtout dubitatif quant au public visé par l'engin. Acheteur malvoyant? Dans ce cas, un combo Harley/Afflelou serait envisageable: une paire de Tchin Tchin achetée, une Street pour 1 € de plus. Chanteur puni par sa maison de disque après un flop commercial? (Personne ne me reconnaît plus en Harley davidson...) 
Je tiens enfin ma réponse. C'est très clair, après consultation des options offertes. Quand je dis offerte, ne rêvez pas non plus. Donc la cible est double, HD s'adressant à la fois aux motos écoles et aux maladroits et à la marge aux nostalgiques du BMX free style. Le document joint aura tôt fait de vous convaincre. 
Il y a tout de même un côté positif, comme d'habitude. Personne ne nous oblige à en acheter.

lundi 29 février 2016

Bozo le hipster.


La dernière tendance chic chez le hipster de petite taille. Rouler, peut-être, avec une brêle de nain donc, mais avec le costume de Bozo le clown!

dimanche 14 février 2016

Auto Moto Rétro Nîmes 2016

L'auto moto rétro de Nîmes, c'est la première occase de la saison pour d'un coup de brêle, aller jeter un oeil à de la vieille ferraille. Météo France prévoit l'arrêt de la pluie en milieu de matinée. Merveilleux, nous avons justement prévu de lâcher les freins vers 13 heures. Manque de bol, c'est sous une humidité bien présente que nous démarrons. Bol vite récupéré. Alors que nous touchons au but, le soleil nous gratifie d'une démonstration de force qui met en déroute l'armée nuageuse pour le reste de la journée. As usual dans ce genre d'expos mixtes, l'automobile se taille la part du lion, bien que cette année les projecteurs soient braqués sur MG. Pas vraiment grave. D'une part quelques spécimens rares de deux roues valent le détour; d'autre part la voiture ancienne nous fait frémir itou. Une évolution cette année, l’augmentation du nombre de stands de pièces et outillage installés en extérieur. Intéressant dans l'absolu, mais la pluie du matin proscrit leur accès aux escarpins et mocassins à glands. Quant à mon pote Alain, malgré sa tenue adéquate, toujours pas de compteur en vue pour son 500 XT!
 
 

lundi 8 février 2016

P..... 40 ans! Side Car

En ces jeunes années, le side car car était l'apanage de quelques barbus chargés de famille qu'on apercevait ça et là dans les concentres. Femme, enfant(s) et couches culottes garnissaient le panier de ces mordus de la pétrolette. 
Ne pas abandonner le monde de la moto par ce biais semblait louable, mais pour la plupart d'entre nous cela signifiait surtout un changement de vie radical. L'entrée dans le monde des adultes. Un parent = un adulte. On se rend compte plus tard, surtout en continuant à vivre ses passions, qu'il est assez facile de rester un ado très, très, très longtemps.
Quant à l'idée de se mettre aux commandes d'un tel engin, compte tenu de la réputation plus que douteuse de son comportement, elle n'effleurait aucun d'entre nous
Le divertissement créé pas la présence de l'engin parmi nous était suffisant, comme ce dimanche où, pour la plus grande joie des gamins de deux couples de potes sidecaristes, nous avions reconstitué l'attaque de la diligence. Joie des enfants et petite anxiété des caisseux qui avaient croisé la route zigzagante de cette horde métallique hurlante.
Notre regard sur le side changea le jour où Robert, qui ne jurait que par les bracelets, commandes reculées et carénages entreprit de transformer sa bécane afin d'y adjoindre un panier. Aucune explication rationnelle ne guidait ce choix. Il était régulièrement en couple... avec de nouvelles copines. Aucun ban de mariage ni faire part de naissance n’avaient été publiés. Il avait bien évoqué l'idée de voyages au long cours. Sans plus. Nous étions d'autant plus dubitatifs que ce garçon s'était bâti une sérieuse réputation d'arsouilleur. "L'angle, tu as pensé à l'angle?" Bref, nous en étions à évoquer avec un petit sourire, une exposition très prolongée au soleil du midi.
Et puis... Ce premier voyage eut lieu. "Les gars, je pars trois semaines en Allemagne. je vais me faire l'Oktoberfest. Munich, la Bavière la fête de la bière quelle perspective. Il nous file rencard au Majes' pour son départ. Ce jour là, nos certitudes vacillèrent, le doute nous envahit. Le Robert partait. Avec DEUX copines. La notion d'angle sembla soudain bien superflue à certains.
Je finis par atteler. Pas de fête de la bière ni de foire au jambon et à la ferraille. J'allais devenir papa. Au grand dam de nos parents respectifs, nous ne courûmes pas chez  Bébé Confort et "J'élève mon enfant" de Laurence Pernoud ne devint pas notre livre de chevet. Il fallait surtout trouver un side. Ce fut facile. Armand, un vieux de la vieille local, se séparait de son GEP. Affaire rapidement conclue. Il se fendit même de confectionner les attaches pour mon 750 XS Yam. Il se mit aux commandes. Je m'installai dans le panier et en route pour une démonstration. Je ressortis un peu vert de l'expérience. Etre assis au ras du sol dans une coque en poly lancée à fond de cale, à la merci du gars qui est sur la moto, même si on a confiance en ses capacités, ça laisse une sacrée impression. 
Ensuite, sur un parking j'eus droit aux rudiments de base permettant de gérer la bête, suivi d'un premier tour sur route. Avec ce dernier conseil. "Tu y vas tranquille, tu restes concentré, ça va venir doucement. Et n'oublie pas, dès que tu va prendre confiance, tu vas faire une connerie."
C'est dans cette période que je vais découvrir une analogie entre la conduite d'un side car et l'utilisation d'un spinnaker sur un voilier. Dans le manuel de navigation des Glénans, LA bible de la navigation à voile, le spi est présenté comme "...une fiancée volage qui n'a de cesse de vouloir mettre son prétendant à l'épreuve." Le side, c'est tout pareil. Entre la moto qui tente de tourner autour du panier à l'accélération et le panier qui lui rend la pareille au freinage, il y de quoi tourner en bourrique!
Et donc, la prophétie d'Armand se vérifia. (Je passe sur les petites conneries.) Fort d'une expérience jugée suffisante, par moi, nous voilà partis pour une vraie première virée avec le potes du Moto Club du côté du Ventoux. "Qui peut le plus, peut le moins." L'itinéraire, composée de riantes départementales aussi sinueuses qu'étroites et au profil qui rendrait un trader schizophrène devait nous amener à (re)découvrir les coins les plus sympas autour du Géant de Provence. Soucieux de hiérarchie (et plus probablement de ne pas me semer) ils me laissent mener la balade. Alors que je la jouais décontract', une voiture que je suivais d'un peu (trop) prêt, obliqua brusquement sur la droite tout en décélérant. Je me mis debout sur les freins. Side à l'ancienne, panier pas freiné, mon manque de nuance engagea l'attelage dans un tête à queue magistral. Je me retrouve immobilisé face à la horde médusée, la roue du panier au ras du fossé. En revanche, la future maman dans la caisse, bien qu'un peu émotionnée, (doux euphémisme) trouve encore la force de m'expliquer le grand con que je suis. Ce qui ne fait qu'aggraver le fou rire général. Moins deux qui ne rient pas.
Des anecdotes rocambolesques, j'en ai d'autres. Une notamment difficile à mettre en mots sans passer pour un dangereux affabulateur. Tous ceux qui roulent, ou ont roulé avec un side connaissent. Puis on finit par tenir le mode d'emploi à l'endroit et on découvre un domaine étranger aux pilotes solos: la maîtrise de la glisse, jouer avec le singe , la guenon en l’occurrence, pour passer au taquet partout. Du pur plaisir!
Puis ce fut le grain de sable. A l'époque le bug n'existait pas. Nous sortîmes de la maternité avec... deux gamins. N'étant pas Jim Phelps loger des jumeaux dans un GEP, avec tout le matos nécessaire c'était Mission Impossible... Je finis par revendre le panier et retournais sur deux roues.
Le ver est resté dans le fruit une bonne trentaine d'années avant de se manifester à nouveau. Juste pour le plaisir, sous la forme d'un Ural "Ranger"
Ce side, c'est l'aventure à portée de main. Un investissement plutôt léger et surtout une extraordinaire capacité à titiller "l’aventurier" qui sommeille en nous. C'est engin qui comme tous ses homologues est à même de fournir de belles sensations, (à 80 km/h) et invite en plus à sortir des sentiers battus. Ainsi, dès que l'occasion se présente, on n'hésite pas à quitter le goudron et se lancer dans les chemins les plus improbables. Avec la roue du panier motrice, il se sort des situations les plus compliquées. J'en étais venu à ne l'utiliser que dans cette optique. Un Ranger, une carte IGN au 25/000 et la vie est belle! Le side, une véritable addiction! 
Pour ceux qui resteraient hermétiques à cette pratique qu'ils considèrent comme déviante, il reste une option. 
Prendre un shaker. Y verser 2cl de triple sec, (Cointreau, Grand Marnier) 5cl de Cognac, 2cl de jus de citron. Frappez les ingrédients avec 5/6 glaçons et servir dans un verre à coctail en retenant les glaçons. Ami lecteur, tu viens de réaliser un Side Car, un cocktail emblématique du Ritz. Toutefois, méfiance. A l'instar de son homonyme à roues, ne pas se laisser aller à des excès d’enthousiasme le verre en main. Avec les mélanges, la sortie de route n'est jamais très loin.